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Plus de droits humains = Moins de pauvreté
La crise économique mondiale a plongé des millions de nouvelles personnes dans la pauvreté et les expose à un risque accru d’atteintes aux droits humains, comme l'insécurité alimentaire ou l'expulsion forcée. Le monde a un besoin urgent de solutions et d’initiatives nouvelles pour inverser cette progression dramatique de la misère.
La crise actuelle est une crise des droits humains. L’insécurité, l'injustice et l'avilissement sont aujourd’hui le lot de milliards d'êtres humains. Cette situation exige une réponse coordonnée, concertée et fondée sur les droits humains et l’état de droit. Une telle réponse exige une réelle volonté politique.
La campagne Exigeons la dignité d’Amnesty International vise à mettre fin à la pauvreté dans le monde, en renforçant la reconnaissance et la protection des droits des pauvres. Elle cherche à faire apparaître la volonté politique, l’obligation de rendre des comptes et la transparence essentielles pour en finir avec les atteintes aux droits humains qui maintiennent les gens dans un état de pauvreté.
Cette campagne porte sur tous les droits humains. En effet, la pauvreté est entretenue et aggravée par des combinaisons d’atteintes aux droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux. En exigeant la dignité, nous exigeons que tous les États adoptent et appliquent des lois, des politiques et des pratiques qui mettront fin aux privations, à l'insécurité, à l'exclusion et à l’impossibilité de faire entendre sa voix.
La participation aux décisions qui ont un impact sur notre vie est fondamentale pour l’exercice de nos droits. En incluant tous les détenteurs de droits dans l'élaboration des politiques, les gouvernements pourraient créer un cadre favorisant simultanément l’obligation de rendre des comptes, la transparence, l'inclusion et l'autonomisation. Ces éléments sont des conditions préalables à l'élimination de la pauvreté.
La campagne Exigeons la dignité fera des droits fondamentaux un élément central de la lutte pour l'éradication de la pauvreté, et visera à faire bénéficier tous les êtres humains des mesures prises pour protéger ces droits. Les histoires et les solutions proposées par les personnes vivant dans la pauvreté seront des éléments clés de la mobilisation mondiale. Ensemble, nous amplifierons leur voix et exigerons des réponses effectives de la part des dirigeants politiques.
Une demande mondiale adressée aux superpuissances
Les deux superpuissances actuelles, les États-Unis et la Chine, n’acceptent que partiellement le programme des droits humains visant à éliminer la pauvreté. La Chine a ratifié le principal traité réaffirmant les droits économiques, sociaux et culturels, mais pas le traité portant sur les droits civils et politiques. Les États-Unis, quant à eux, ont fait l’inverse. Cette décision de non-ratification est délibérée dans les deux cas. Elle a des conséquences qui s'étendent bien au-delà des juridictions nationales concernées.
En refusant de reconnaître pleinement les droits économiques, sociaux et culturels, les États-Unis ont produit un système qui prive les plus pauvres des soins de santé maternelle à l’échelon national. Ils sont le seul pays qui, chaque année, vote contre les résolutions des Nations unies sur le droit à l'alimentation. Par ailleurs, la « règle du bâillon mondial », supprimée par le président Obama cette année, a eu des conséquences profondément négatives pour les droits des femmes en Afrique.
En Chine, la communauté ouïghoure et d'autres groupes minoritaires subissent une répression des droits civils et politiques. L’attitude de la Chine facilite la pratique des expulsions forcées par le gouvernement cambodgien, ainsi que d’autres violations des droits humains au Soudan et en Éthiopie.
Le G2 manifeste donc un mépris des droits humains aux niveaux mondial et local et donne ainsi une bonne illustration de ce qui doit impérativement changer dans la direction des affaires du monde. Amnesty International appelle le gouvernement de la Chine à ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et le gouvernement des États-Unis à ratifier le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. En exigeant que les superpuissances rendent des comptes, nous nous attaquons au problème par le haut. Nous exigeons une nouvelle attitude en matière de lutte contre la pauvreté, nous exigeons la dignité.
Appels mondiaux
Dans le cadre de la campagne Exigeons la dignité, nous avons sélectionné trois appels thématiques initiaux illustrant que les droits humains sont une solution à la pauvreté. En mettant l'accent sur ces questions, nous cherchons à montrer comment une campagne en faveur de l’obligation de rendre des comptes, de l'accès et de la participation active peut mettre fin à la pauvreté.
Mortalité maternelle

Les discriminations sous-tendent et aggravent la pauvreté. Les violences liées au genre et l’exclusion sont des contextes par trop répandus où les discriminations entretiennent les victimes dans la pauvreté, voire aggravent leur état de pauvreté. La mortalité maternelle n'est pas inévitable, mais elle frappe actuellement une femme par minute. Ce phénomène illustre parfaitement comment le déni des droits des femmes est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté. Pour mettre fin à la mortalité maternelle, il est essentiel d’impliquer les femmes dans les décisions qui affectent leur vie, en leur donnant les informations et les capacités nécessaires pour prendre des décisions concernant leurs droits en matière de procréation. Il est tout aussi essentiel de leur fournir les soins de santé dont elles ont besoin.
Bidonvilles

Dans le monde entier, plus d'un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles. La pauvreté est l’un des principaux facteurs contribuant à l’énormité de ce chiffre. Les personnes vivant dans des agglomérations informelles sont généralement privées de leur droit à un logement convenable et sans accès à des services essentiels comme les écoles et les hôpitaux. Les habitants des bidonvilles sont souvent exclus des processus de prise de décision qui affectent leur vie, et bénéficient rarement d’une pleine protection de la loi. La précarité du logement et les expulsions forcées généralisées entretiennent et aggravent la pauvreté et les privations chez ces personnes. Amnesty International fait campagne pour mettre un terme aux expulsions forcées comme première mesure de lutte contre l’exclusion et les privations subies par les habitants des bidonvilles.
Responsabilité des entreprises

Les entreprises du secteur extractif sont responsables d’atteintes aux droits humains qui affectent les pauvres de manière disproportionnée, et souvent discriminatoire. Les industries extractives dégradent l'environnement et affectent le droit à la terre et les moyens de subsistance, avec des séquelles durables et souvent irréparables. Les communautés affectées sont fréquemment exclues de la prise de décision. Avec la campagne Exigeons la dignité, nous exigerons que les populations concernées soient protégées. Nous demanderons également que les pays du G20 adoptent des règles strictes pour contrôler les activités des entreprises, au niveau national comme à l’étranger.
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